
Partant de la Vallée de la Planquette, les chemins empierrés, les lisières des bois, les ruelles étroites vous emmèneront sur les lieux que l’écrivain Bernanos décrivait. Ce bourg typique ne pourra que vous charmer, avec son église classée et les vestiges de son château tous deux construits à partir du XVe siècle par la famille de Créquy. Pourquoi la Chevrette ? Deux possibilités… Tout d’abord, extrait d’un livre de l’école de Fressin qui indique que Fressin était sur le Cavron, c’est-àdire « le Val des Chèvres » … qui s’est sans doute transformé en Chevrette ! Et l’autre possibilité : de l’ouvrage de Francis Alexandre « Au pays des 7 vallées coule la Chevrette et son parler », on cite : Au fond de l’une de ses vallées, se frayant un passage entre les saules et les peupliers, traversant les pâtures et les marais, coule « la Chevrette » … Si vieille, qu’elle fut un jour renommée « Planquette » en hommage au village qui l’a vu naître. L’Eglise Saint-Martin : Erigée aux XVe et XVIe siècles, grâce à la générosité des seigneurs de Créquy, elle est classée monument historique depuis 1906. La richesse de son ornementation, son architecture flamboyante, ses pinacles et clochetons ainsi que son porche remarquable en font l’une des plus belles églises rurales du Pas-de-Calais. Le Château de Fressin : Fressin abrite les vestiges de l’architecture monumentale d’un château élevé en pierre blanche au XVe siècle par les seigneurs de Créquy. Il fut détruit par les événements de 1658, quand l’aventurier Balthazar Fargues s’empara de la ville d’Hesdin. Aujourd’hui ouvert au public, il a été inscrit aux monuments historiques en 1996.
Bernanos, l’enfant du Pays » (1888 - 1948) : Devant la mairie figure un buste en bronze de l’écrivain Georges Bernanos. Né le 20 février 1888 à Paris, il a passé son enfance à Fressin, où il vécut jusqu’en 1924. C’est dans cette région qu’il a puisé son inspiration pour constituer le décor de la plupart de ses romans, dans lesquels il explore le combat spirituel du Bien et du Mal. En 1926, il publie Sous le soleil de Satan, avec des scènes se déroulant notamment dans l’église SaintMartin de Fressin. Il meurt le 5 juillet 1948 à Neuillysur-Seine, à l’âge de 60 ans.
A découvrir ? * La rampe de lancement de fusée V1 * Le cours d’eau : la Planquette * Le gué * La chapelle Marie-Consolatrice-des-Affligés * Les statues de « la Route de la Pierre » : le chien-loup, Marie Grouette, une famille dans le vent,… * Les vestiges du château des sires de Créquy * Le bois de Fressin * Le buste de Georges Bernanos et sa maison * L’église Saint-Martin * Le moulin Grenier * Le site Ô Jardin Paisible * Les étangs de pêche * Les vieilles bâtisses * Les Caves du Vieux Chai * Le parcours pédestre et littéraire « Sur les pas de l’écrivain Georges Bernanos » * Le carnet d’aventure de la Route de la Pierre « Entre Mystères Pierre et Rivière » * La faune et la flore * Les points de vue panoramiques,…
Descriptif :
1- De la salle des Fêtes, prendre à droite la D154. Avant l’église, tourner à droite, puis à gauche. En période de chasse, rejoindre l’itinéraire principal par la rue des Gardes à Gauche. 2- S’avancer à gauche, rue du Paradis. 3- Au virage, s’engager à droite sur un étroit sentier entre la maison et la pâture. Il gagne le bois de Fressin : suivre la lisière vers la droite. Plus loin, emprunter à gauche la rue des Gardes, puis à droite la rue de la Lance jusqu’à la D155 ; la suivre à gauche sur 150 m. 4- Tourner à droite sur un chemin empierré, puis encore à droite au carrefour. Filer tout droit et arriver à une rue. Aller à gauche, puis à droite, rue du Milieu. Traverser la D154 et, en face, franchir la passerelle sur la Planquette, puis monter par le chemin herbeux. À la route, prendre à droite et tourner à gauche après la ferme (chapelle). Traverser la D155 pour continuer en face, rue du marais, puis à gauche, emprunter la rue de l’Enfer. 5- Sur la gauche, juste avant le virage, monter par un chemin. En haut, tourner à droite, puis suivre le chemin empierré dominant la Vallée de la Planquette jusqu’à l’Orée du bois de Godiamont. Descendre à droite en lisière, puis, rejoindre la D155 au creux de la Vallée. Emprunter la route à droite sur 100 m. 6- Au calvaire, prendre à gauche le chemin herbeux menant au bois de Fressin (sur la gauche « la Lombardie et ses vieilles bâtisses »). Poursuivre à droite dans le sous -bois à proximité de la lisière. Passer ainsi les vestiges du château féodal. Au point 3, continuer tout droit, rue du Paradis. Au point 2, tourner à droite, rue de l’Eglise, puis à gauche pour revenir au point de départ. Attention Zone de Chasse ! Se renseigner auprès des mairies : utiliser les variantes indiquées sur la carte.
Interdit aux véhicules motorisés.
Bonne Conduite N’oubliez pas votre équipement ! *Des chaussures avec de bonnes semelles et permettant le maintien des chevilles. *De l’eau et des aliments énergétiques en quantité suffisante. *Selon la saison et la météo, un vêtement imperméable, un pull et un moyen de se protéger du soleil.
Quelques consignes pour votre sécurité *Consultez la météo (3250) avant le départ. *En période de chasse, certaines randonnées sont déconseillées ou interdites. Renseignez-vous en mairie. *Respectez le balisage. *En VTT, le port du casque est fortement conseillé. *Certains itinéraires peuvent traverser ou emprunter des routes à grande circulation. Soyez donc toujours attentifs à la circulation et respectez le code de la route

Prêtre à Fressin de 1961 à 1997, l'abbé Jean Bille avait entrepris un ouvrage pharaonique dans les années 1980 : réaliser la maquette de l'église St Martin, l'un des joyaux du patrimoine local, classée monument historique.
Une idée survenue après une rencontre avec Benoît Sailly, d'Hesdin, alors étudiant en architecture.
D'abord réalisés au centième, les plans se sont avérés trop petits pour reproduire tous les détails et sculptures et Jacques Smith, de Sains les Fressin, les a alors agrandis au 20ème.
Ensuite des générations de fressinois se sont attelés à la tâche en coulant du plâtre pour le découper à la scie à métaux et en faire des pierres assemblées au ciment colle. Les murs de l'église ont 60 cm d'épaisseur ce qui reproduits donne 3cm.
Pierre après pierre, le pignon s'est élevé avec ses contreforts, ses vitraux, sa rosace, ses pierres d'attente encadrant la niche de St Martin ou devait loger la statue du Saint patron de l'église.
Après place au chœur alors que d'autres groupes construisent les parties transportables comme les murs.
Pendant une vingtaine d’années les enfants ont travaillé avec ardeur et persévérance.
Le samedi après-midi, les plus grands, prenaient le relai pour confectionner les vitraux.
Plus d'une centaine se seront escrimés sur la maquette.
Mais en 1997 l’abbé Bille a quitté Fressin pour le presbytère d’Alette et une retraite bien méritée, emportant avec lui son œuvre qui ensuite est demeurée inachevée.
L’association des Amis du patrimoine de Fressin, présidée à l’époque par Paul Glaçon, a repris le flambeau.
Non sans mal car il fallait un local pour contenir cette maquette de 2,50 mètres sur 1,25 mètre
C’est finalement chez Augustin Deron qu’elle a atterri.
Ce dernier s’est alors pleinement investi, passant ses hivers et son temps libre pendant cinq ans à façonner la charpente, les voutes intérieures le clocher et tous les petits détails qui font la finition
Pour enfin être la démonter et la remonter avec l’aide de plusieurs bénévoles … à l’église où elle trône désormais.

SUR LA ROUTE DE LA PIERRE :
Le château. Tout commence au château de Fressin. Les vestiges de cette forteresse bâtie au XV siècle par Jean V de Créquy, conseiller du duc de Bourgogne, Philippe Le Bon, et l’un des premiers chevaliers de la Toison d’or, recèle encore la mémoire des batailles menées contre les troupes de Charles Quint.
C’est là que les enfants, qui s’aventurent dans la vallée de la Planquette, tombent nez à nez avec Jéhane, une petite fille qui parcourt le monde à bord de sa machine volante. Échouée à Fressin après avoir percuté une pierre elle se prend d’amitié pour un caillou amnésique à la recherche de ses origines. Le chien à deux têtes Jéhane et le caillou vont trouver de l’aide auprès du petit Georges, enfant du cru qui va les guider à travers les deux versants de la Planquette. Une quête à travers l’histoire et les légendes des villages de Fressin et Planques commence.
Sur la route, les aventuriers vont parfois faire de mauvaises rencontres. Mieux vaut ne pas traîner près de la statue du chien à deux têtes qui garde encore la propriété du baron Seillière, grand amateur de chasse au XIX siècle. Mais pas question de repartir sans l’indice que les chiens dissimulent ! Heureusement, le petit Georges sait trouver des endroits charmants où mener ses amis pour un peu de répit.
À Planques, au n˚11 de la rue du Fond-de-Planques, une ferme plus que centenaire est bâtie avec des pierres qui pourraient bien provenir des ruines du château de Fressin, comme de nombreuses bâtisses de la vallée. Chez les Viollettes, à Fressin, les voyageurs découvrent aussi un pigeonnier, dans la tradition colombophile locale.
C’est d’ailleurs la statue d’un drôle de pigeon voyageur qui va aider les enfants à poursuivre leur chemin. La maison de Georges Bernanos. Dans ce voyage à travers le temps, les traces de Georges Bernanos sont nombreuses. Fressin, qui a édifié un buste en bronze à l’écrivain près de sa mairie, est encore chargée des souvenirs et de l’œuvre de cet homme qui n’a jamais oublié son enfance dans un village où il se sentait libre et « chez lui » comme nulle part ailleurs.
De sa maison, il reste un pigeonnier et une cour. L’église de Fressin. La noirceur de l’œuvre de Bernanos résonne encore dans l’église de Fressin. Sa chapelle funéraire n’est pas inconnue à ceux qui ont vu « Sous le soleil de Satan » de Maurice Pialat, adapté du roman. C’est là que Gérard Depardieu, qui incarne l’abbé Donissan, fait un malaise.
C’est aussi cette église, joyau du style flamboyant, que la famille bourgeoise de Georges Bernanos fréquentait. On y trouve encore son espace réservé, sur le côté droit de l’autel, et le curieux tunnel, plaqué de bois, que la famille avait fait percer dans un mur pour pouvoir assister au prêche de cet endroit. La sorcière Marie Grouette. Il faudra affronter aussi la statue de la sorcière Marie Grouette, connue pour noyer les enfants dans les rivières et dont il faut s’approcher avec courage pour résoudre son énigme et continuer le chemin.
La source de Mouchette. De l’œuvre de Bernanos, on retrouve beaucoup de décors issus de Fressin, dont la source de Mouchette, personnage qui a vécu « Sous le soleil de Satan ». C’est dans cette source que la jeune fille se noie.
Et c’est dans un bouquet final que se termine l’aventure, avec la découverte du château de Fressin et de sa mémoire

Un buste de l'écrivain est placé devant la Mairie : cliquer ICI pour plus de détails
"J'habitais, au temps de ma jeunesse, une vieille chère maison dans les arbres". C'est à Fressin que Georges Bernanos a puisé son inspiration. Construite sous le premier Empire, cette maison fut rachetée par Jean François Bernanos, habituellement prénommé Émile, au baron Raymond Seillère le 1er janvier 1896. Alors tapissier à Paris, le père du célèbre écrivain à peine âgé de 42 ans, fils d'un ouvrier originaire de Lorraine, jouissait déjà d'une certaine aisance financière. Il était marié à Marie-Clémence Moreau, plus connue sous le prénom d'Hermance, fille de petits paysans de Pellevoisin en Berry. Les nouveaux propriétaires ne fréquentaient les lieux qu'à la belle saison avant de s'installer définitivement vers 1904.

A Fressin, Georges Bernanos, enfant puis adolescent, passa des vacances merveilleuses. Après des études au Petit Séminaire Notre Dame des Champs à Paris et au Petit Séminaire à Bourges, il fréquente le collège d'Aire sur la Lys ou il décroche ses deux bacs (1904-1906). Il se rallie alors aux écrivains de l'Action Française qui défendent la cause monarchique. Il manifeste à Arras et dans la région contre les prêtres et les libres-penseurs, ralliés à la République. On est alors en pleine séparation de l'église et de l'État. De 1906 à 1913, il poursuit ensuite ses études à la faculté de Droit de Paris (faculté catholique) et obtient sa licence en lettres et en droit. Il se mêle à la politique (il est même incarcéré en 1909 à la Santé) et collabore à l'Action Française.

Les deux années suivantes, Gorges Bernanos dirige à Rouen "l'Avant Garde" un hebdomadaire royaliste. Il occupe alors dans la maison de Fressin, au second étage, une petite chambre dont l'unique fenêtre donnait sur la vallée. A pied ou à bicyclette il sillonne la campagne environnante et se livre à toute sorte d'activité. C'est à cette époque aussi que, pour affirmer devant tout le village ses convictions royalistes, il plante un drapeau blanc au sommet de la plus haute tour des vestiges de la forteresse des sires de Créquy. Mais durant toutes ces années "dans les profonds repaires de son âme" un monde imaginaire ne demande alors qu'à voir le jour. L'écrivain Georges Bernanos a trouvé sa voie.
Après la guerre 14-18, bien que réformé il s'engage au 6ème Dragons (plusieurs blessures et citations), il revient à Fressin, marié et père de famille. Il a épousé le 11 mai 1917 Jeanne Talbert d'Arc, descendante d'un frère de Jeanne d'Arc, qui lui donnera 6 enfants. Devenu inspecteur en assurance pour les départements de l'Est, il s'installe à Bar le Duc en janvier 1924. Il ne reviendra jamais plus à Fressin. Restés seuls ses parents vendent la maison à M. Ludovic de Willecot de Rincquesen. En 1926 il publie "Sous le soleil de Satan" ou il décrit admirablement l'église de Fressin. C'est un succès et il décide alors de vivre de sa plume.

Dans tous ses romans l'Artois, et plus particulièrement Fressin, occuperont une place importante et surtout sa "chère maison". Elle le poursuivra dans son œuvre romanesque : la Joie (1929, prix Fémina), Monsieur Ouine (1943), les grands cimetières sous la lune (1938).
Georges Bernanos altermondialiste, Georges Bernanos prophète en son pays. Le célèbre écrivain a été mis à toutes les sauces et s'il est notoirement connu et ses écrits reconnus, le personnage est encore lui méconnu du grand public. Les conférences données ce samedi ont permis de se faire une autre idée de l'illustre habitant de Fressin. Son petit-fils Gilles Bernanos a voulu remettre en lumière son parcours et s'est notamment, attaché à évoquer le monde moderne tel que le voyait l'écrivain des les années 40 et comment il se concrétise aujourd’hui. Un monde gouverné par l'économie, sans moral et sans règles, qui produit la crise et le conduit à sa perte. "L'homme vit d'angoisses et il cherche tous les moyens de se sécuriser, à vivre, à s'amuser et il est rentré dans une logique matérielle exponentielle et une course sans fin sans pouvoir arrêter le système" disait Georges Bernanos qui opère un virage à180° lors de la guerre d'Espagne selon son petit-fils. "Un changement fondamental dans son cheminement de conscience et il rompt alors avec un passé tumultueux et notamment une droite radicale. Il reproche à l'église catholique espagnole de cautionner les massacres lors de cette guerre civile. Ce sera le grand virage de sa vie et qui le rend plus humain". Il n'aura alors de cesse de dénoncer le nazisme, l'antisémitisme. Et mener sa quête inlassable pour :" aimer pour comprendre et comprendre pour aimer" un monde moderne ou déjà il prédit que : "les libertés seront de plus en plus réduites au nom de la sécurité".
Découvrez en plus encore avec la brochure "Sur les pas de l’écrivain Georges Bernanos en Côte d'Opale".



